Ton pardon a du pouvoir


Desmond Tutu a écrit : « la colère est une réaction naturelle mais se venger ne sert à rien ».

Cet homme est archevêque de l’église catholique d’origine africaine. Il a reçu le prix Nobel de la paix en  1984. Enfant, il se rappelle des scènes de violence familiale. Son père fortement alcoolisé battait et maltraitait son épouse. Il aurait voulu mettre un terme à cela et se venger mais il était incapable de le faire étant un enfant. Car sa mère ne méritait pas de subir cette violence. Et il comprit deux choses :


Le chemin du pardon n’est pas facile
Le comportement de son père découlait d’une souffrance profonde cachée qui n’était pas soignée.


1. Le pardon est une capitulation.
« Ne vous vengez point vous-mêmes mais laissez agir la colère car il est écrit : A moi la vengeance, à moi la rétribution dit le Seigneur » (Romains 12.19). 
Garder une rancune ne nous fera pas avancer sur la voie de la guérison.
Prenons un exemple : « Vous me giflez. Je réponds instinctivement et je vous envoie un bon coup de poing.
Ma réaction et ma vengeance va atténuer provisoirement la douleur psychologique.
Mais si votre claque a été forte, j’aurais mal à la joue. Je peux aussi ressentir l’indignation de cette humiliation surtout si cela est en présence de témoins.
Alors quel chemin prendre pour en sortir ? C’est d’abandonner le grief de départ et la colère pour faire le choix du pardon. Il est écrit dans ce texte lu : « Ne vous vengez point vous-même »!  Okay, on le comprend. « Mais ensuite laissez agir la colère » ! Est-ce que cela sous-entend que l’on doit laisser ma colère se manifester ?
Il est vrai qu’une bonne colère par moment, cela fait du bien ! Vous êtes d’accord avec moi sur ce point. Non ! Prenons le texte maintenant dans la parole vivante et relisons le :
« Mes amis, ne vous faites pas justice vous-mêmes, ne prenez jamais votre revanche. Laisse à Dieu le soin de faire peser son courroux sur qui il veut car il est écrit, c’est à moi qu’appartient la vengeance ; c’est moi qui rendrait à chacun selon son dû ». Alors je vous pose cette question : « Etes-vous prêts à placer votre confiance en Dieu pour qu’il exerce sa justice lui-même ou préférons vous exercer notre propre justice? Ce qu’on appelle dans l’ancien testament : œil pour œil et dent pour dent.
On le voit souvent se pratiquer dans la vie courante sous des formes sournoises.
En lisant ce texte de romains, certains d’entre vous découvrent peut-être que Dieu exerce sa vengeance et rend sa justice envers ceux qui le servent.  

 2. Le pardon est une nouvelle impulsion que tu donnes à ta vie.
Cela va modifier le parcours de ta vie. C’est bon pour ta croissance spirituelle.
C’est difficile d’accepter ce fait et de croire à une bénédiction future surtout si l’offense a été profonde et meurtrière.
Il y a quelques années, un  drame s’était produit au Québec qui a défrayé la chronique dans ce pays.
Deux jeunes fiancés membres d’une église chrétienne ont été agressés par deux jeunes hommes alcoolisés.
Ce futur couple a été tué de façon assez sauvage. Les parents de la jeune fille ont fait un chemin du pardon; ils sont allés à la rencontre de ses deux agresseurs.
Un des meurtriers s’est approché de Dieu. Il a même été reçu par ce couple dans leur maison lors d’une permission. Le témoignage est très saisissant. Filmé et accompagné par un médecin, on voit une évolution complètement différente entre les parents de la jeune fille et celle du garçon. Physiquement les parents de la jeune fille témoignent des bienfaits dans leurs corps suite à la disparition de l’angoisse et d’autres troubles métas physiques dans ce cheminement du pardon. Bien évidemment, cela a pris du temps. Les parents du garçon décédé sont restés blessés, brisés et amers. On peut les comprendre. Ils n’ont pas fait ce cheminement. Leur vie s’est arrêtée dans ce drame. L’amertume est leur geôlier qui a mis ce verrou sur leurs cœurs et les garde dans cette prison de ressentiment et de haine comme ces deux jeunes qui ont commis ce meurtre.
Pardonner c’est pousser la porte de la prison de la haine et du ressentiment pour prendre une nouvelle direction : celle de la liberté.

3. Le pardon est dans notre intérêt.
Il nous apporte le repos intérieur et la guérison. Les sciences humaines mettent en valeur l’interaction du pardon et son pouvoir libérateur sur le psychisme.
Un ressentiment nourri pendant des années peut-être très délétère et voir engendrer des maladies psychiques, des ulcères et des cancers.
C’est très sérieux. Beaucoup négligent cette réalité. Visitez certaines maisons de retraite et observez les comportements : vous allez être édifiés sur le sujet.
Combien de gens conservent des griefs et restent amers? D’autres font ce choix du pardon. Quelque part, ce n’est pas à la personne que nous pardonnons.
On ne pardonne pas pour faire plaisir à l’autre. Mais c’est en premier pour vivre libre. Quelqu’un a dit : « le pardon est une merveilleuse expression d’amour-propre au sens scientifique comme au sens spirituel ». Cela n’est pas faux. Ce n’est pas de la faiblesse mais au contraire une grande intelligence de savoir passer par-dessus les griefs, les incompréhensions, les querelles et l’envie d’exercer sa propre justice. Parfois on passe sur beaucoup de choses car l’œuvre de l’Esprit s’est faite dans nos cœurs.
Et puis le petit truc qui nous arrive, que l’on nous dit de travers va toucher notre égo et nous blesser profondément ; cela devient alors une montagne.
Salomon a écrit dans le livre des proverbes 19.11 : « L’homme qui a de la sagesse est lent à la colère et il met sa gloire à oublier les offenses ».
Salomon était un prince et un roi. Il était certainement aussi bien adulé que critiqué.
Il savait que le pouvoir comporte aussi ce lot de vexations et de critiques dont le but est par moment de déstabiliser.
Il ne doit pas en être ainsi dans l’église de Jésus-Christ ou nous devons manifester cet amour, cette tolérance et ce respect des autres.
Combien de chrétiens s’arrêtent en chemin car ils ont été offensés. Pourtant Jésus redonne tout ce sens dans cette prière quand il dit : « Pardonne nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ».
Le pardon de Dieu s’obtient ici dans la mesure du pardon à l’autre.
Quand cela ripe ou se dégrade alors il faut revenir à cette étape du pardon. Car on a tout à gagner.

4. Pardonner et être vigilant.
Nous devons apprendre à pardonner mais nous ne devons pas tout accepter.
La parole de Dieu dit dans l’épitre des Hébreux 12.15: « Veillez à ce que nul ne se prive de la grâce de Dieu ; à ce qu’aucune racine d’amertume poussant des rejetons ne produise du trouble et que plusieurs soient infectés ». Il y a des gens qui sont des spécialistes pour infecter les autres et répandre leur médisance. Quand tu sors des toilettes, tu prends soin d’utiliser de l’eau et du savon pour tes mains car l’éducation t’a appris ces choses. Pourquoi refuses-tu d’utiliser l’eau de la parole de Dieu et l’application du pardon comme un savon sur ton cœur et tes pensées ? Si tu persistes dans cet entêtement, tu vas devenir de plus en plus amer. Non seulement tu vas contaminer les autres de tes paroles mais tu vas finir par te disqualifier. Tu  vas créer un vide autour de toi car l’atmosphère que tu dégages n’est pas bonne. Relisez l’histoire des hébreux dans le désert et l’effet dévastateur produit de leurs médisances sur leurs vies. C’est ce qui arrive par moment dans l’église. Mais Dieu se fâche et il va prendra la défense de ceux qui marchent dans la droiture.
Je ne dis pas qu’il ne faut rien dire. On peut dire et bien dire sans médire. Vivre dans l’esprit du pardon c’est aussi discerner et s’affranchir de toute médisance.

5. Le pardon est sans condition et profond.
Je lui pardonne mais dès qu’il me sera possible, je prendrais ma revanche. Je lui prépare une parole bien blessante que je communiquerais au moment opportun pour lui montrer qui je suis. En un mot, je profiterais de la situation et je me vengerais. Nous avons besoin d’être authentique dans nos déclarations et nos prises de position.
Le vrai pardon doit nous amener à l’oubli de la faute de l’autre. «Si vous avez à reprocher quelque chose à un autre, soyez toujours prêts à pardonner ces tords aussi généreusement que le Christ vous a pardonné » (Colossiens 3.13 /parole vivante). Bien évidemment, nous avons besoin de mettre les choses en lumière quand cela est possible notamment entre nous. Jésus n’a pas émis des conditions en nous pardonnant sur la Croix. Il a simplement dit : « Père pardonne leur car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23.34).  

6. Le pardon de la croix est l’étape ultime de la sanctification.
Vous n’avez pas remarqué que Jésus adresse cette prière à son Père et non pour lui-même.
En clair, il n’a pas dit : « Je pardonne à ces hommes sur la croix » ! On lit dans l’épitre aux Colossiens que Christ nous a pardonnés.
Mais dans ce moment ultime d’angoisse et de douleur, il déclare : « Père pardonne leur parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils font ».
Puis il expire. C’est fort comme prière. Jésus s’adresse au Père. Jésus en mourant sur la croix avait clairement conscience de ce qu’on a vu auparavant de la rétribution du Père.
Il demande à ce que cette dette de péché soit effacé afin que les yeux de ces hommes insultants, moqueurs, se partageant ces vêtements puissent s’ouvrir ainsi que les nôtres.
Etienne, martyr lui-même, fit la même prière dans les actes au moment de son agonie lors de sa lapidation: «Seigneur, je remets son esprit et surtout il ajoute : «  Ne leur impute pas ce péché ! » (Actes 7.60). On a dépassé le stade de vouloir que Dieu exerce sa vengeance. Puis Etienne s’endormit. Etienne ne prie pas ainsi : « je leur pardonne mais il s’adresse au Seigneur : « Ne leur demande pas compte de ce péché (parole vivante). En faisant cela, il prie pour que les yeux de ces persécuteurs s’ouvrent et se convertissent. Il est complètement détaché de l’offense, de la souffrance vécue et ressentie dans son corps, de l’injustice de ces détracteurs  devenus des bourreaux sanguinaires en appliquant leur propre sentence. Il est dans le même état d’abandon et de félicité comme Jésus au moment de l’agonie sur la croix n’entendait plus les quolibets des hommes méchants et moqueurs. On n’est plus sur le ressenti de l’offense. Il y a un abandon total entre les mains de Dieu dans lequel l’âme se détache pour rejoindre le Père. Il y a comme une limpidité spirituelle, une présence puissante de l’Esprit et des anges. La gloire de Dieu est là. Un déroulement tragique va se réaliser mais la shekinah de Dieu est là. Etienne est pleinement conscient de cette présence et abandonné entre les mains de son Seigneur qui contrôle toute chose.


Avec Etienne, nous ne sommes plus dans l’apprentissage du pardon dans cet instant ultime mais dans l’abandon profond et la soumission totale à ce Dieu vivant et puissant.C’est le pouvoir et la puissance du pardon en actions.


Le pouvoir du pardon :
Le pardon est une capitulation.
Le pardon est une impulsion que tu donnes à ta vie
Le pardon est dans notre intérêt.
Pardonner et être vigilant.
Le pardon est sans condition et profond
Le pardon de la croix est l’étape ultime de la sanctification.


  Ecrit par Christian Servettaz

 

 

 
 

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